Kusen
Par Yusen Hugues Nass
sesshin du 24 au 26 mars 2017
Saint-Alphonse-Rodriquez, Québec
S’oublier soi-même, c’est avoir confiance, confiance dans la pratique, confiance dans les amis de bien, confiance dans les projets, confiance dans le maître, confiance en soi. Lorsqu’on pénètre totalement zazen en dehors de tout jugement personnel, on devient, comme disait Maître Deshimaru, en unité avec l’ordre cosmique et on suit l’ordre cosmique. C’est cela être certifié par toutes les existences. C’est rejeter le corps et l’esprit de soi-même et de toute existence. Lorsque cet état est atteint, toute trace du satori peut être abandonnée. On continue la pratique sans y penser.


ans tous nos mouvements, quand nous allongeons le pas, nous levons une main, posons nos bols ; dans notre immobilité, quand nous sommes assis, allongés, debout. La totalité de la vie de Bouddha dans chaque pore de notre peau. Le soi qui rencontre le soi. Lorsqu’on pense à ce soi, plein de choses apparaissent. Au-delà de notre propre pensée. C’est hishiryo, le paysage de neige.





Dans ses enseignements, il revient souvent sur la tendance qu’il a observée chez les pratiquants et chez lui-même à rechercher la forme parfaite, une façon parfaite de faire les choses. Il dit : «Devenez l’ami de vous-même, c’est ce que
En 2002, il a produit une série d’enseignements sous forme audio, dans un coffret de 6 CD, présenté avec l’anneau de la Voie comme devanture et qui porte comme titre « Breath sweeps mind ». Ce titre fait référence à comment la respiration, lorsqu’elle est pratiquée avec le corps et l’esprit en unité comme en zazen, devient le son perceptible mais silencieux de notre souffle. Perceptible parce que l’ouïe est notre sens le plus archaïque, qui demeure toujours ouvert même dans notre sommeil, qui est aussi le dernier à nous quitter au moment de notre mort, qui est donc intimement associé à notre présence au monde. Seul notre esprit peut le fermer, nous sommes alors ailleurs, et perdons notre présence à ce qui se passe. Aussi, être concentré sur notre respiration, c’est entendre le son de notre souffle, ce qui tonifie notre présence en zazen et qui a le pouvoir de balayer, de nous libérer de notre esprit compliqué. «Breath sweeps mind». Suivre sa respiration, y être attentif devient comme écouter le son du vent, devenir le vent. Il n’y a plus de soi, plus personne qui écoute. Notre esprit s’est fondu dans l’esprit vaste.